Surtout ne pas dépasser la vitesse maximale autorisée. Un flash, un décompte instantané et les contrevenants
ruinés sont aussitôt repérés et deviennent des fugitifs. Un hélicoptère liquidateur décolle pour accomplir sa mission.
Marc Antoine roule calmement. Ça, il sait faire. Pour lui, les amendes étaient des dépenses inutiles. S’il avait
géré de la même façon tous ses débits de vie, il ne serait pas en train de fuir la mort pour rejoindre l’enfer. Mais il ne l’a pas fait et avoir des regrets ne sert désormais à rien. Il lui faut
oublier le passé pour ne se préoccuper que du présent. La moindre erreur peut lui être fatale. Donc concentration extrême et alors, peut-être…
Dans quelques minutes, quatre ou cinq, il va lui falloir tourner à droite et prendre la direction du Plateau des
Milles Vaches. Là, il lui suffira d’attendre que des passeurs le contactent.
Il lui faut tenir jusqu’au débit du prélèvement crédit auto. Soit sept jours sauf erreur. Cela signifie qu’il doit
vivre en totale autonomie, jusqu’à cette date fatidique. Ensuite, ce sera l’aventure. La vraie et irrémédiable fuite en avant. A pieds, après avoir extirpé de ses deux pouces, si nécessaire, les
puces implantées. Opération extrêmement délicate à mener, en évitant soigneusement que ces deux bestioles avides de sang humain n’entrent en contact. En cas d’échec, il deviendra l’ennemi public
numéro un pour l’équipe de liquidateurs chargée de son exécution.
La Courtine, 20 kilomètres.
Le carrefour de la liberté! Clignotant, virage en douceur. S’enfoncer dans le no man’s land, cette terre d’aucun
homme qu’est devenu le camp militaire depuis que les armées du monde ont été déclarées inutiles. Un point positif dans ce nouveau monde sans fric à défendre.
Danger permanent durant quelques jours puis, la chance aidant, la prise en charge par les passeurs de l’enfer le
sauvera d’une mort certaine.
Marc Antoine repère un sentier de sous-bois qui débouche à quelques mètres d’une ferme en ruine. Il gare sa VH5
entre les quatre murs de ce qui fut une grange puis il part en repérage.
En d’autres circonstances, il apprécierait les sous-bois et leur odeur forte d’humus, le tapis de feuilles mortes
jonchant le sol et sur lequel il est agréable de marcher, le chant des oiseaux et le murmure du vent mais, pour l’instant, il doit oublier cette ambiance bucolique pour continuer à exister en
s’adaptant du mieux possible à son nouvel environnement.
D’abord trouver un abri. Une maison de charbonnier telle qu’il en existait il y a deux ou trois siècles. Ou un
abri de berger, autre vestige du passé.
Il marche en lisière d’une châtaigneraie rendue à la nature, attentif à la topographie. Ses yeux repèrent un mur
de pierres sèches. Il l’examine. C’est une proéminence faite de cailloux soigneusement empilés, à la forme arrondie. Il s’en approche pour constater que ce qui apparaissait comme un défaut de
construction est en fait une sorte de niche susceptible d’accueillir un homme de taille moyenne en position assise. Un abri idéal pour passer une ou plusieurs nuits protégé du vent et des
intempéries.
Avec l’appoint d’un bon feu de bois, il pourra tenir quelques jours. Deux, trois ou même quatre. Au-delà, il devra
puiser dans son stock troc. Mais il a confiance. La fumée attirera les passeurs en quête de clients.
Rassuré sur son sort immédiat, il organise son campement. Retour à la ferme en ruine. Il vide sa voiture puis il
transporte tout ce dont il estime avoir besoin au creux de sa muraille de Chine. Deux, trois cartons, que, ironiquement, il qualifie de déménagement, sont rangés dans l’abri. Encore deux et il
pourra définitivement quitter le monde de la consommation pour entrer dans sa survie. Pause avant le grand saut et ensuite vive l’aventure!
Soudain, des voix. Marc Antoine instinctivement se planque. Voir sans être vu, énième règle du petit manuel de
l’homme en cavale. Ses cinq sens mis en alerte maximale, il attend. Son cœur bat normalement. Bon signe. Un point d’interrogation: chasseur ou gibier?
Gibier, décide-t-il, en voyant arriver un homme et une femme et deux jeunes adultes, garçon et fille. La famille
idéale mise au banc de la société. Donc des fugitifs qui ont préféré fuir en groupe.
Marc Antoine les épie.
- Un VH5! s’exclame soudain le plus grand de tous, un jeune homme d’environ vingt ans.
Le même âge que son fils Guillaume. Et apparemment la même passion pour les voitures automobiles, cette invention
du siècle dernier qui, selon les historiens a tué doublement, physiquement et économiquement.
D’abord en offrant chaque week-end une bonne ration de ragoût humain à la Grande Faucheuse. Ensuite en rendant
l’homme totalement dépendant des quatre roues et de leur appétit énergétique.
Il fut de ceux-là. Dans cinq jours, cette passion l’enchaînera au grand ordinateur central. Le CGV le déclarera
fugitif, donc mort en sursis.
La famille entoure la voiture. Triomphe de la mère.
- De quoi se nourrir! s’exclame-t-elle. Regardez!
Regroupement autour des deux derniers cartons de bouffe. Comme un vol de gerfauts...
Le père, en digne géniteur responsable, organise aussitôt le festin.
- Du calme, dit-il d’une voix à la fois douce et autoritaire.
Les petits faucons entourent le grand faucon. Leurs yeux d’affamés attendent la pitance.
<<Ces vrais cons ont peut-être dans leurs pouces de quoi s’offrir des milliers de repas >>, pense Marc
Antoine.
Il ignore le nom de cette tribu déchue mais, pour lui, elle est le type même de la famille Ducon. Il faut l’être
vraiment pour s’offrir en sacrifice suprême au nom des liens du mariage. Conception archaïque du couple et de ses rejetons. Lorsque, il y a plus de vingt ans, il avait sacrifié à ce sacrement
social, celle qui était devenue sa femme avait été très précise dans son acte d’engagement: la bague à n’importe quel doigt mais les pouces libres. En clair, ça signifiait ne jamais toucher au
capital vie de leur progéniture et chacun pour soi.
Un choix de vie à deux qu’il avait accepté et dont il avait usé et abusé pour vivre au-dessus de ses moyens et
voir fondre son capital vie. Quelques années somptueuses puis les portes de l’enfer.
Les Ducon... Soudain, ses yeux repèrent les mains des fugitifs et le détail qui dénonce leurs convictions. Ce sont
des sans-pouce, c’est à dire des êtres humains qui refusent le système. Pour affirmer ce rejet, ils coupent dans le vif en s’amputant des deux pouces. L’ordinateur central, qui n’a aucune raison
comptable d’éliminer ces dissidents, ne confie pas leurs dossiers aux liquidateurs. Le décompte du temps de vie est automatiquement stoppé. Les sans-pouce n’existent plus. Ils sont virtuellement
et économiquement morts. Mais les pouces sont faits de chair putrescible et en peu de temps, les puces s’autodétruisent. C’est alors que la curée commence.
Les Ducon sont-ils chassés? Probablement car la plupart de ces illuminés confient leurs 27,07 à l’efficacité
d’un incinérateur et deviennent aussitôt des fugitifs. Pour eux, ça ressemble à un suicide collectif, en famille.
Ou alors... Marc Antoine ne se perd pas en conjoncture sur ce que sont ou ne sont pas les quatre sans-pouce qu’il
continue d’observer. Ils sont là et il faut faire avec.
L’amputation que chacun présente est cicatrisée. Apparemment depuis peu. Donc une possible marge de manœuvre. En
règle générale, ces oiseaux organisent leur migration.
Marc Antoine mise sur cette hypothèse. Il sort de sa planque.
- Hello! lance-t-il.
Panique dans la couvée.
- C’est ma voiture, ne craignez rien, s’empresse-t-il de préciser.
Il lève les mains, paumes en avant. Le signe universel de paix.
- Je suis un fugitif, explique-t-il. Du moins je vais l’être lorsque l’échéance du crédit de cet engin de mort
rendra mon capital vie négatif. Dans trois jours. Je campe à cent mètres d’ici, en plein bois. Ces cartons sont les derniers de quelques kilos de provisions. Il m’en reste suffisamment pour que
je vous offre ceux-là. Avec la voiture en prime. Elle a sous le capot plus de mille kilomètres d’autonomie. Ça peut vous être utile.
Le faucon mâle semble intéressé. Marc Antoine en rajoute. Simple test.
-Demain matin, on trace, dit-il. Vous et moi. Où allez-vous?
- Et vous?
- En enfer si on y veut bien de moi.
- Pour nous c’est le paradis.
- Je comprends. Travail famille et un pour tous tous pour un. La frontière est floue.
- Au contraire. Elle est nette et précise. Elle sépare l’ancien et le nouveau monde. Nous avons choisi en toute
liberté le premier.
D’un même geste, chacun tend les deux mains pour bien mettre en évidence l’absence de leurs pouces.
- Enfer ou paradis, le résultat est le même pour vous comme pour moi. Il nous faut sauver notre peau. De quoi
bouffer, une bagnole, ça multiplie nos chance. Je me présente: Marc Antoine Rouvre, 45 ans, informaticien jusqu’à hier, fugitif aujourd’hui.
- Paul Villien, artiste peintre, 45 ans également.
Marc Antoine serre les quatre doigts tendus. Drôle d’effet.
- Martine Bertrand, potière, 38 ans.
Encore plus surprenant pour une personne du sexe opposé.
- Aurélien, fils de Paul, 21 ans.
- Amélie, fille de Martine. 18 ans.
- Famille recomposée?
- Non. Nous nous sommes rencontrés il y a deux jours, sur le même chemin de l’exil.
- Paul et moi ne sommes pas amants, tient à préciser Martine.
- Ma femme, la mère d’Aurélien, est déjà en zone libre. Elle nous y attend, ajoute l’artiste peintre.
- Le père d’Amélie a choisi l’autre camp. Il est liquidateur, dit Martine.
- Celui de l’enfant que je porterai bientôt est ici, annonce fièrement Amélie.
Les deux jouvenceaux échangent le regard de l’amour. Celui que Martine pose sur Marc Antoine y ressemble,
charnellement parlant.
Marc Antoine mesure instantanément sa double chance. Avec eux, en jouant fin, il pourra atteindre l’enfer et, avec
madame Villien dans le rôle d’hôtesse d’accueil, ça coincera moins pour retrouver ses marques.
- Le père d’Amélie est à nos trousses, avoue la belle Martine.
Le cerveau d’informaticien de Marc Antoine enregistre l’information. Ça baigne encore mais dans l’huile
chaude.
- Depuis longtemps? s’informe-t-il.
- Trois jours.
- Vous venez d’où?
- De Lille. Et vous?
- Paris. Sarcelles plus exactement.
- Je comprends tout, intervient Paul.
- Tout quoi? s’étonne Marc Antoine.
- Tout de votre état de fugitif. Sarcelles est la ville qui compte, statistiquement, le plus de flambeurs au mètre
carré. Au point que...
- Les sociologues ont appelé cette tendance à la dépense effrénée la sarcellite, en souvenir du siècle dernier,
quand ce mot désignait une tendance au suicide, je sais. Mais ce qui est fait est fait. Inutile de regarder derrière nous. Organisons-nous. Qu’un de vous me suive pendant que les autres préparent
notre campement.
Marc Antoine, sans regarder derrière lui, fonce vers la cabane de berger. Il avance d’une cinquantaine de mètres,
l’ouïe aux aguets. Un des sans-pouce lui emboîte le pas. Il perçoit nettement le bruissement des feuilles de châtaignier qui recouvrent la terre humide du sentier. Homme ou femme? Femme
parie-t-il. Martine ou Amélie? Martine. Il se retourne. Banco.
- Je suis heureux de vous avoir rencontrée, lui dit-il.
- Vous? lui sourit-elle.
Regard de femme.
- De t’avoir rencontrée, rectifie Marc Antoine.
Regard d’homme.
Un amour de cavale pêché au lancer sur le plateau de Millevaches! Marc Antoine ne regrette rien. Il croit en sa
bonne étoile.
Bémol. Martine n’est pas à son niveau d’optimisme.
- Tu me le rediras quand nous serons hors de danger. Mon ex-mari est fou de rage. S’il nous repère,
il...
- Il ne nous repèrera pas, l’interrompt Marc Antoine. J’ai plus de huit secondes de vie au compteur et trois jours
de sursis. Pour l’instant, je suis un homme ordinaire. Ma voiture peut rouler normalement. Où se trouve votre paradis?
- Au sud de l’Espagne, dans une vallée perdue de la Sierra Morena.
- Nous y arriverons avant l’heure H. Mon ordinateur de bord nous guidera.
Intense émotion. Marc Antoine euphorise.
Trop, réagit-il alors qu’une forte pulsion du style incontrôlée le pousse à prendre Martine dans ses
bras.
Réaction réciproque. Et contre-réaction.
- Non, pas maintenant. Sécurité oblige.
- Tu as raison.
- Les provisions sont là.
Inventaire rapide.
- Avec ça, nous tiendrons plus de trois jours, conclut Martine.
- Je ne crois pas, plaisante Marc Antoine.
Autre regard complice. Mais leur instinct de survie est le plus fort et deux allers-retours, chargés comme des
mules, calment leur libido.
Chacun des quatre cartons est accueilli chaleureusement par les autres sans-pouce qui laissent volontiers à Marc
Antoine et à Martine le soin d’organiser ce qu’ils appellent le grand voyage.
- Demain, départ à six heures, précise Marc Antoine.
- Le temps de souffler, argumente-t-il.
En fait, avant de se lancer dans l’aventure d’une cavale à cinq, donc à haut risque, il veut prendre la mesure des
sans-pouce.
Pour l’instant, ils apparaissent comme essentiellement affamés. Deux jours de marche sans beurre ni épinards
transforment le plus coriace des végétariens en carnivore forcené. Quelque soit leur régime alimentaire, les sans-pouce l’oublient pour adopter à belles dents celui de Marc Antoine: sandwichs
pain complet rôti de bœuf.
Séquence silence, on bouffe.
Chacun dévore sa portion. La dernière bouchée avalée, Paul réagit.
- J’avais faim.
- Nous aussi, renchérissent les trois autres.
- Vous ne mangez pas? s’étonne Amélie.
- J’ai ça, lui répond Marc Antoine en sortant d’une des cinq ou six poches de sa saharienne une barre énergétique.
Quand j’aurai besoin de quelques forces, j’engrangerai ces calories. Mon père était un vélocipédiste de haut niveau et amateur de ce genre d’alimentation.
- Le mien carburait au riz complet, embraye Paul.
- Carburait?
- Il est mort il y a six mois. Exécuté. Trop gênant. Il n’arrêtait pas de critiquer le système. C’est depuis ce
jour-là que nous avons décidé de...
Il montre ses huit doigts.
- Il n’avait jamais accepté la nouvelle façon de vivre que nous a imposée le référendum. Et pourtant, il faisait
partie de la génération charnière, celle prise en charge par le système.
- Capital vie illimité mais non transmissible. Mon père en était également. Il est mort dans son lit, avant la
limite d’âge. De mort naturelle. Certainement d’en avoir trop profité. Dans un sens, c’est une sorte d’exécution.
- Dans ou en dehors des rails, flambeur comme vous ou sans-pouce comme nous, la sentence est la même.
- Sauf si l’on passe en zone de non-droit. Vous avez des infos sur ce qui nous attend?
- Pas vraiment.
Réponse évasive que Marc Antoine enregistre en si bémol. Paul ment très mal. Il cherche les yeux de Martine. Ils
lui sourient et l’invitent à la patience. Ce n’est pas dans ses habitudes de flambeur mais il prend note et parle des étoiles. Bonne cible. Paul et son fils y sont en plein dedans. Des poètes.
Autant dire des rêveurs faciles à manipuler.
Depuis la nuit des temps, astrologues et autres astronomes ont été de doux utopistes souvent flanqués d’une âme
sœur au solide bon sens. Comme doivent l’être l’épouse de Paul qui l’attend au paradis et la jolie Amélie pour Aurélien.
Cette structure familiale est la plante idéale à laquelle Marc Antoine décide de se greffer. Il supporte donc
stoïquement les cieux de Paul et d’Aurélien tandis qu’Amélie et sa mère s’offrent un peu de rêve en fumant un joint.
Chacun son trip.
Le sien, pour l’instant, est de sauver sa peau.
Après leur voyage extra-sidéral, chacun songe au repos.
Marc Antoine s’isole. Un tapis d’herbe verte au pied d’un arbre centenaire, à l’opposé d’un muret auprès duquel
Paul et sa nichée décident d’élire domicile, lui paraît confortable.
- Chacun sa zone, pense-t-il en étalant son sac de couchage.
Cette liberté individuelle, un des avantages, selon lui, de la société qu’il est entrain de fuir, est un droit
auquel il tient. Dans cette vallée vers laquelle il va, il pourra supporter des tonnes de contraintes mais, pour vivre, il a toujours eu besoin d’un espace, tant géographique que spirituel, dans
lequel il peut se retrouver seul, en tête-à-tête avec lui-même.
- Il est assez grand pour deux?
Avec lui-même ou avec Martine.
- En se serrant un peu, oui.
En deux temps trois mouvements, Martine est nue puis allongée sur la couverture.
- Viens, dit-elle en tendant les bras.
Marc Antoine répond instantanément à l’invitation.
L’un et l’autre savent que le seul moyen d’oublier leur état de mort vivant est de faire l’amour.
Des gestes de vie qui, en façonnant l’orgasme, les projettent dans l’espoir. Le plaisir qu’ils se donnent scelle
leur avenir commun. En devenant amants, ils deviennent complices. Ils lient leur destin. Ils mouront ou vivront, soudés par la chair.
- Tu as confiance en Paul? demande Marc Antoine.
Martine ne répond pas. Elle s’est endormie. Son souffle régulier, qu’aucune crainte n’oppresse, pose sur sa
peau la plus douce des réponses.
La nuit est maintenant installée. Marc Antoine l’écoute. Les bruits qu’il perçoit ne lui sont pas familiers mais
ils ne l’effraient pas. Ils sont à leur place, inscrits dans la logique du temps. Quelque part dans les ruines, une chouette chuinte.
- Ulule, pense Marc Antoine
Un mot qu’il ne croyait pas connaître. Un de ceux que la mémoire garde précieusement en prison pour les libérer
quand bon lui semble.
D’autres s’évadent. Il les murmure.
- Je t’aime, j’ai besoin de toi, moi non plus…
Pour les essayer, en cas de besoin.
Martine ne les entend pas. Un jour peut-être, quand leur cavale sera terminée.
Marc Antoine réagit. Ne pas penser au lendemain. Vivre l’instant. Dormir.